Festival A Pado Loup

By 1 septembre 2012 Articles No Comments

Pado est un lieu dit qui se situe aux portes du Mercantour, dans les Alpes Maritimes. Avec mon acolyte Joan nous y avons passé un peu de temps pour tourner un documentaire sur un festival qui s’y déroulait en aout.

Un évènement co-organisé suite à  la rencontre entre un collectif de hackers parisiens (le TMP Lab) et une personnalité hors norme, Bilou, qui a décidé de rénover une vieille grange familiale en altitude pour en faire son lieu de vie. Entre le « soixante-huitard » et ces ptis cons de jeunes, la mayonnaise a  prise. Elle a donné naissance au festival A Pado Loup !

 

Il est bien difficile de faire une synthèse de l’évènement. C’est un rassemblement autogéré qui a regroupé durant une quinzaine de jours des individus d’horizons assez variés : hackers, anarchistes, universitaires, photographes, paysans, bobos parisiens… Ils sont venus découvrir et participer à des activités bien hétéroclites allant de la construction d’une éolienne à des cours de dessin de carte, en passant par la présentation d’un four solaire et des soirées de live-coding (je ne suis toujours pas sur d’avoir compris, mais en gros il s’agit de soirée où des hackers passionnés de code informatique réalisent en direct des performances de code ! J’ai découvert à cette occasion que pratiquer le code informatique pouvait être considéré comme une forme d’art littéraire. Certains bidouilleurs ont même commencé à préparer un système qui permettrait d’écouter le bruit des plantes… Bref, une joyeuse mixture à laquelle il est bien ardu de coller une étiquette.

Ce qui est intrigant au bout de quelques jours sur place, c’est de réaliser que si nous venons tous d’univers bien divers, dans le fond, nous avons une vision du monde et des valeurs très proches. Cette idées m’a amener à  me questionner sur l’événement que nous vivions. Nous voulons participer à un festival ouvert à tous, mais au finale nous ne faisons que rencontrer des individus qui ne pensent que comme nous. Nous voulons créer un événement généreux et humaniste, mais dès que trop de festivaliers commencent à arriver sur le site, alors nous trouvons que l’événement perd un peu de son âme et se dilue en une grosse machine à gaz ou presque une centaine de personnes sont présentes.

Où sommes nous entre volonté d’ouverture et réflexe d’entre soit ? Quelqu’un m’a soufflé vers la fin de l’expérience qu’il ne fallait pas un grand festival A Pado Loup, mais des dizaines, des centaines de petits festivals, fleurissant un peu partout. Cette idée de vivre dans un espace à taille humaine, d’organiser et de penser la collectivité dans de petites dimensions plutôt que dans de gros machins (Etat, mutlinationale, etat… un petit exemple ici) fait chaque jour un peu plus son chemin dans mes pensées.

L’expérience A Pado Loup restera comme une étape importante dans ma modeste réflexion. J’espère que le film que nous avons tourné et que nous allons présenter avec Joan pour la prochaine édition du festival sera à la hauteur. Je n’en suis pas du tout convaincu pour le moment… Le montage, une fois de plus, sera douloureux !